Cet article s'appuie sur les questions-réponses de la CNIL sur les cookies, lues le 15 octobre 2026 dans leur copie de web.archive.org du 1er octobre 2026, le site de la CNIL étant alors en maintenance, sur ses lignes directrices (délibération n° 2020-091, lues le 15 octobre 2026) et sa recommandation (délibération n° 2020-092), toutes deux du 17 septembre 2020. Il explique la règle générale ; pour un cas particulier, c'est la CNIL ou un juriste qui tranche.
La règle de base
Le texte applicable est l'article 82 de la loi Informatique et Libertés. Il vise tout ce qui lit ou écrit une information dans l'appareil du visiteur : les cookies, mais aussi tout autre traceur. La CNIL rappelle qu'il s'applique même quand les informations lues ne sont pas des données personnelles.
Le principe : un traceur qui n'est pas strictement nécessaire au service demandé par le visiteur ne se dépose qu'après son consentement. Les lignes directrices font la différence entre les deux textes : elles rappellent le droit, la recommandation propose des façons concrètes de s'y conformer sans être obligatoire.
Ce que doit faire le bandeau
D'après les questions-réponses de la CNIL :
- Le consentement est un acte positif clair, par exemple un clic sur « Tout accepter ». Continuer à naviguer sans cliquer ne vaut plus acceptation : la CNIL l'interprète comme un refus.
- Refuser doit être aussi facile qu'accepter. Un bouton « Tout refuser » au même niveau et avec le même aspect que « Tout accepter » est le moyen que la CNIL cite en exemple. À défaut, une autre solution aussi simple est admise, à condition que le visiteur en soit clairement informé.
- Le refus ne se cache pas au second écran. La CNIL recommande fortement que refuser soit possible sur le même écran que l'acceptation : un clic pour accepter contre deux pour refuser biaise le choix.
- Le design ne trompe pas. Pas de bouton d'acceptation mis en avant au point de faire croire que le consentement est obligatoire.
- Les finalités sont annoncées avant le choix, chacune avec un intitulé court, et la liste des sociétés qui déposent des traceurs est accessible dès le premier écran, par un lien.
- Le visiteur peut retirer son consentement aussi simplement qu'il l'a donné, par exemple par un lien « Gérer mes cookies » accessible sur toutes les pages, ou une icône permanente.
Le choix du visiteur, acceptation comme refus, doit être retenu pour qu'il n'ait pas à le refaire à chaque page. La CNIL juge le délai au cas par cas et cite six mois comme une bonne pratique en général.
Les traceurs exemptés de consentement
Les lignes directrices citent, en l'état des pratiques connues, plusieurs traceurs qui peuvent se passer de consentement parce qu'ils sont nécessaires au service :
| Traceur | Exemple |
|---|---|
| Conservation du choix du visiteur | le cookie qui retient « Tout refuser » |
| Authentification | rester connecté à un espace client, protéger la page de connexion contre les robots |
| Panier d'achat | garder le contenu du panier sur une boutique |
| Personnalisation attendue de l'interface | la langue choisie |
| Équilibrage de charge | répartir les visiteurs entre plusieurs serveurs |
| Mesure d'audience, sous conditions | statistiques de fréquentation anonymes |
Un traceur perd l'exemption s'il sert aussi à une autre finalité soumise au consentement.
La mesure d'audience
Un outil de statistiques peut se passer de consentement si ses traceurs, d'après la CNIL :
- servent seulement à mesurer l'audience du site, pour le compte de son seul éditeur ;
- produisent uniquement des statistiques anonymes ;
- ne permettent pas de suivre le visiteur d'un site ou d'une application à l'autre ;
- ne sont ni recoupés avec d'autres traitements ni transmis à des tiers.
La page de la CNIL sur la mesure d'audience ajoute une durée de vie des traceurs limitée, citant treize mois, sans prolongation automatique à chaque visite, et une conservation des informations de vingt-cinq mois au plus. Un outil qui réutilise les données pour son propre compte sort de l'exemption, sauf s'il se règle pour ne plus le faire. Même exempté, il reste soumis au RGPD : le visiteur doit être informé et pouvoir s'y opposer.
Vidéos, cartes et boutons de partage
Une vidéo intégrée, une carte ou un bouton de réseau social déposent souvent les traceurs de leur fournisseur, publicitaires compris. Le consentement est alors requis, soit dans le bandeau, soit au moment où le visiteur active le contenu, dans une fenêtre qui le lui demande. Refuser ne doit pas bloquer l'accès au reste du site.
Vérifier son site
- Ouvrez votre site dans une fenêtre de navigation privée, sans rien accepter.
- Ouvrez les outils de développement du navigateur (touche F12), onglet « Application » dans Chrome et Edge ou « Stockage » dans Firefox, puis la rubrique Cookies.
- Notez chaque cookie et son domaine. Un cookie d'un domaine tiers déposé avant tout clic est le signe d'un outil chargé trop tôt.
- Cliquez sur « Tout refuser », rechargez la page et vérifiez que ces cookies ne reviennent pas.
- Vérifiez que le lien qui permet de changer d'avis est présent sur toutes les pages.
Sur WordPress, la plupart des sites passent par une extension de gestion du consentement. Choisissez-en une qui bloque les scripts tiers tant que le visiteur n'a pas accepté, et non une qui se contente d'afficher un message.
Chez Hubspace
C'est l'éditeur du site, vous ou votre prestataire, qui décide des traceurs déposés et qui répond du bandeau. Webalizer, l'outil de statistiques de Plesk, lit les journaux du serveur : il ne dépose rien dans le navigateur des visiteurs. Les autres mentions obligatoires d'un site sont dans Les mentions légales d'un site, et les obligations d'un hébergeur au regard du RGPD dans RGPD et hébergement.
Questions fréquentes
Un site sans publicité ni statistiques a-t-il besoin d'un bandeau ?
Non, s'il ne dépose que des traceurs exemptés : session, panier, choix de langue. Vérifiez quand même ce que chargent les vidéos, cartes et polices venues d'autres sites.
Peut-on bloquer l'accès au site tant que le visiteur n'accepte pas ?
Ce « mur de cookies » n'est pas interdit par principe depuis une décision du Conseil d'État du 19 juin 2020. La CNIL l'examine au cas par cas et regarde si le visiteur dispose d'une vraie alternative.
Peut-on se contenter des réglages du navigateur ?
Non. D'après la CNIL, les réglages des navigateurs ne suffisent pas, à eux seuls, à exprimer un consentement valable.
Articles liés
- Créer un site internet : les étapes, dans l'ordreCréer un site internet sans se perdre : objectif, nom de domaine, outil, hébergement, contenus, mentions légales, mise en ligne et inscription à Google.
- Créer un site sans coder : WordPress ou SitejetCréer un site sans coder avec Sitejet ou avec WordPress : ce que chacun sait faire, ce qu'il demande ensuite, et comment choisir selon votre projet.
- Mentions légales d'un site internet : la listeMentions légales d'un site internet professionnel : identité, immatriculation, hébergeur, données personnelles, cookies et CGV, avec les sources officielles.